Categories

Accueil > Archives > Année 2006 > Mars 2006 > Mr Lune

  • vendredi
  • 10
  • mars
  • 2006

Mr Lune

Mieux que Madame Soleil, Monsieur Lune vous promet des lendemains qui chantent, qui gueulent, qui vibrent. Toujours sur le point de basculer. Cordes vocales et cordes sensibles, corde raide et corde au cou. Des lendemains nourris des frayeurs délicieuses et des bonheurs fugaces d’hier, mais qui savent ne jamais succomber àla nostalgie. Des lendemains en équilibre, instables comme il se doit. Et c’est tant mieux.

Les coulisses de l’Olympia et la rue Daguerre furent ses cours de récréation et ses terrains vagues, merci Papa, merci Maman. Mi-Zébulon, mi-Schtroumpf, son manège enchanté a des allures de bastringue, dézingué et cabossé. Il entraîne dans ses comptines cruelles toute une troupe de Gavroches tantôt vers le rock, tantôt vers la java. Même s’il a compris que le temps du phalanstère était révolu, il sait cultiver l’esprit de troupe, évite consciencieusement de se prendre au sérieux et jette l’emphase aux orties. Il construit chacune de ses chansons comme autant de nouvelles ironiques et de petits scénarios morbides.

S’il veille àne jamais devenir adulte, il a su pour autant se débarrasser des oripeaux adolescents. Et pour mieux faire la nique àla mort, il lui décoche son sourire désarmant, histoire de la mettre en rage. Si ses chansons étaient des dessins, elles emprunteraient leurs traits autant àSempé qu’àTopor. Avec la gouaille du désespoir.

Monsieur Lune aime àprendre ses bains de minuit dans la mer de l’intranquilité. Et entraîner son public dans les ressacs de l’inconscient. Pierrot a allumé sa chandelle du côté de chez Freud. Et tant pis pour Colombine.

Partager