Categories

Accueil > Archives > Année 2014 > Octobre 2014 > Lafayette

  • vendredi
  • 24
  • octobre
  • 2014

Lafayette

« On fait un album à deux et on l’enregistre à Nashville. Ça te dit ? » a lâché Franck (Hedin) à Nathalie (Loriot). Il a un sourire de gamin qui barre son visage. Comment refuser ?
Le groupe s’est replié sur sa dimension de noyau dur : un duo, et a mis en chantier le troisième album de Lafayette. Jamais la préparation de leur disque n’aura été aussi rapide. L’idée de partir à l’aventure dans un format digne des White Stripes, donne des ailes.

Enregistrés d’une traite, les dix titres regroupés ici sont un orage de hallebardes, qui s’abat sur les oreilles dans une suite de guitares ferrailleuses et cramoisies. Si « TN Motor » était une carte postale, elle serait en plomb. Et s’il était un véhicule, ce serait un de ces « muscle car » improbables. Tout y est minimal, jusqu’aux mélodies qui se noient volontairement dans le magma, jusqu’à la durée des chansons, compactées à une exception dans le format 3’30. Véritable frenchy black power, Nathalie y ancre sa voix et répond avec une fantastique puissance sensuelle à la machine infernale guitares/batterie. Son chant est sec, minimal, radical, débarrassé de fioritures et de cajoleries (elle a d’ailleurs abandonné ses perruques blanches). Elles sont rares les chanteuses noires à pouvoir se frotter à un rock aussi radical. Avec Andrija, elle a perfectionné la métrique, les inflexions et les toniques pour maîtriser la langue du blues dans son essence. Parfois, quand le ciel se calme, il se colore de wurlitzer et de theremin, développant un angoissant climat de vieux films d’horreurs.
Lafayette avait une réputation de gang heavy-soul, il a désormais une particularité esthétique et une éthique… sans basse. Un vieil adage veut que dans le rock, le troisième album soit le plus abouti. Dans le cas de Lafayette, il vient de se vérifier.

Voir en ligne : Leur Facebook

Partager

Ce que vous avez dit

Répondre à cet article